Dernière étape de notre trip Birman. Paisible étendue d’eau entourée de montagnes et de verdure, l’endroit est beau. Très beau. Le lac a l’avantage de refroidir considérablement l’air en ce début de mousson. Ses 50 kilomètres de rives regroupent plus de cent mille « Intha » et « Pa-ho » « ethnies de l’état Shan », a l’est du Myanmar.
Le lac est parsemé de fleurs de lotus, de villages sur pilotis et de jardins flottants. Ici, le temps semble s’être arrêté. Les locaux, descendants des ethnies majoritaires « Pa-ho » et « Intha », répètent les mêmes gestes ancestraux et font perdurer une tradition séculaire. D’autres peuples vivent autour du lac. On dénombre plus de trente ethnies. De ce fait, passer du temps sur le lac accompagné d’un guide local permet de mieux apprécier cette vie mais aussi de découvrir les costumes traditionnels des différentes ethnies. Assister à un des 5 marchés tournant est également une occasion unique de mieux comprendre la vie autour du lac.
Le tourisme étant peu développé, celui-ci coexiste sans trop de difficulté avec la vie villageoise traditionnelle. Rien n’est abîmé, le lac est un lieu complètement sauvage ou l’homme a appris au fils des siècles à vivre en harmonie avec l’environnement.
Peuple de pêcheurs, les habitants du lac inle ont une technique unique au monde pour pêcher et faire avancer leurs bateaux. Ils entourent avec une jambe la pagaie (ou la rame dont il dispose) ce qui leur permet de garder les deux mains libres pour attraper leur butin. Les bateaux traditionnels à fond plat avancent donc à la force d’une seule pagaie. Certaines de nos photos illustrent bien le fabuleux spectacle et la remarquable adresse de ces funambules.
Le lac se découvre tôt le matin au moment ou flotte une brume légère. Impression d’Ecosse parfois. Les birmans ont domestiqué leur environnement, chacun pouvant a sa guise dans les différents marches revendre sa production pour acheter les produits dont il a besoin. La micro-économie du coin est donc relativement florissante eu égard le niveau de vie général des birmans.
La région du lac Inle est aussi le premier producteur de tomates du pays, grâce a des kilomètres de jardins flottants. Ceux-ci sont entretenus par de petits agriculteurs dont la pirogue remplace avantageusement la charrue.
Ainsi, ce sont toutes les ressources offertes par le lac qui sont utilisées. Ici et la, des villageois récupèrent des végétaux pour les utiliser comme engrais, d’autres se font une place pour y planter leurs cultures.
Lieu de quiétude, nous avons sillonne avec le plus grand des plaisirs les canaux bordes de roseaux, les pagodes flottantes, les villages et les marches traditionnels sans oublier les ateliers d’artisanats. La richesse des ressources qu’abrite cette région Shan est impressionnante. Soieries, tisserands de lotus et cotonnades, fabriquant de papiers, sculpteurs sur bronze, argent, bois et pierres précieuses sont légions. Il m’aurait fallu un bateau entier pour pouvoir ramener tous ces trésors.
Produits de très grandes qualités, ils ne peuvent être mentionnes sans préciser les techniques utilisées pour les créer. Un seul qualificatif peut définir au mieux cet artisanat : Moyenâgeux. Les soies et autres cotonnades sont encore réalisées sur des métiers à tisser en bois que des hommes et des femmes mènent péniblement pendant de longues heures. Leurs mains minutieuses et habiles répètent des gestes d’un autre temps. La beauté de leurs métiers est inversement proportionnelle à la difficulté de leurs labeurs.
Rappelons à ce propos le triste sort réservé aux célèbres femmes girafes, issues de l’ethnie « Padang ». Ces femmes se font poser des leur plus jeune âge plusieurs anneaux de métal sur le cou ce qui entraine une déformation du dos et du cou. D’une tradition millénaire ou les hommes pensaient que par cette technique destinée a enlaidir leurs femmes et empêcher que les hommes des tribus voisines ne les enlèvent ; nous sommes passées depuis quelques années à la dérive commerciale. Ces femmes endurent pour la plupart d’atroces souffrances pour une photo et quelques malheureux dollars. Poussées par la misère et l’illusion d’un salaire elles quittent leur ethnie pour une prison photographique. Pour notre part, nous avons refuse d’aller les voir dans les échoppes pour touristes tant ce business s’apparente a la visite d’un zoo. Si les touristes évitaient cette étape, ces femmes arrêteraient de se torturer et ne continueraient pas cette horrible tradition sur leurs petites filles.
Plus gaiement, une promenade à vélo la seconde journée autour du lac nous a menés a travers les rizières, les collines voisines et de petits villages du bout du monde. Les images se succèdent comme dans un livre de géo : les hommes poussant une charrue tractée par des bœufs pour labourer les champs, les femmes transportant soit sur la tête la récolte du jour, les marches colores a même le sol…
Comme partout ailleurs au Myanmar, les Birmans sont toujours aussi chaleureux et accueillants. Quand on met en perspective la misère et la privation de libertés de leurs quotidien, leur sourire et leur joie de vivre sont autant de leçon de vie pour nous autre occidentaux privilégies.
dimanche 20 juin 2010
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